Résidence fiscale en Australie
L'Australian Taxation Office (ATO) détermine la résidence fiscale australienne selon plusieurs critères, dont le principal est le fait de résider effectivement en Australie de manière permanente ou habituelle. En pratique, rester plus de 6 mois consécutifs au même endroit est généralement suffisant pour établir la résidence fiscale.
La convention fiscale franco-australienne du 20 juin 2006 (entrée en vigueur le 1er juin 2009) s'applique en cas de conflit de résidence. Elle prévoit des "tie-breaker rules" classiques (foyer d'habitation permanent, centre des intérêts vitaux, séjour habituel) pour déterminer dans quel pays la personne est résident fiscal.
Pour rompre sa résidence fiscale française, les critères de l'article 4 B du CGI doivent être tous abandonnés : foyer, séjour principal, activité professionnelle en France et centre des intérêts économiques. Un départ en Australie bien préparé — fermeture du foyer en France, transfert du centre de vie — permet généralement d'établir la résidence fiscale australienne dès la première année.
⚠ Point de vigilance. Le statut de résident fiscal australien n'est pas automatiquement reconnu par la France. Des éléments de rattachement français persistants (bien immobilier loué, comptes bancaires, conjoint resté en France) peuvent conduire l'administration française à contester la rupture de résidence. Une analyse au cas par cas est recommandée avant le départ.
Income tax australien
L'impôt australien sur le revenu (income tax) est prélevé à la source sur les salaires via le système PAYG (Pay As You Go). L'année fiscale australienne débute le 1er juillet et se termine le 30 juin de l'année suivante. La déclaration (tax return) est à déposer avant le 31 octobre.
Le Medicare Levy (2 % du revenu imposable) s'ajoute à l'income tax pour les résidents fiscaux. Les non-résidents et la plupart des titulaires de visa temporaire en sont exonérés.
L'Australie ne prélève pas d'impôt sur les plus-values latentes. Les plus-values réalisées à la cession d'actifs sont intégrées au revenu imposable, avec un abattement de 50 % pour les actifs détenus plus de 12 mois par les résidents fiscaux.
Superannuation
La superannuation est le système de retraite par capitalisation obligatoire australien. Depuis le 1er juillet 2024, l'employeur verse 11,5 % du salaire ordinaire brut (Superannuation Guarantee) sur un fonds de retraite choisi par le salarié. Ce taux passera à 12 % au 1er juillet 2025.
Pour les expatriés français en Australie, la superannuation accumule pendant la durée du séjour. À la fin du visa ou au départ définitif d'Australie, deux situations se présentent.
Résidents permanents et citoyens
Les fonds ne peuvent être retirés qu'à l'âge de la retraite australienne (preservation age), actuellement 60 ans pour ceux nés après 1964. Pas de retrait anticipé sauf cas exceptionnels (maladie grave, difficultés financières).
Visa temporaires (WHV, 457, 482…)
Le retrait est possible via le DASP (Departing Australia Superannuation Payment) après avoir quitté l'Australie définitivement. Mais les fonds sont taxés à 65 % au moment du retrait — un taux prohibitif à anticiper dans le calcul de rentabilité de l'expatriation.
⚠ Attention. La superannuation récupérée via le DASP est considérée comme un revenu en Australie pour l'année du retrait. Elle doit également être déclarée en France si vous êtes redevenu résident fiscal français — la convention prévoit toutefois un crédit d'impôt pour éviter la double imposition.
Working Holiday Visa (WHV / PVT)
Le Working Holiday Visa (sous-classe 417) est accessible aux Français de 18 à 35 ans. Il permet de travailler en Australie pendant un an, avec possibilité de renouvellement sous conditions (travail saisonnier en zone rurale). Le visa est géré dans le cadre d'un accord bilatéral franco-australien.
Les titulaires d'un WHV bénéficient d'un régime fiscal spécifique dit WHM (Working Holiday Maker). Ils sont imposés à 15 % sur leurs revenus jusqu'à 45 000 AUD, puis 30 % jusqu'à 135 000 AUD — sans seuil d'exonération et sans Medicare Levy.
Ce régime est nettement plus favorable que le régime standard des non-résidents (32,5 % dès le premier dollar), mais il nécessite que l'employeur soit enregistré auprès de l'ATO comme habilité à employer des WHM. Sans cet enregistrement, le taux de 32,5 % s'applique.
La superannuation accumulée pendant un WHV est récupérable via le DASP, mais taxée à 65 % — un point à intégrer dans le calcul avant de partir.
Revenus de source française depuis l'Australie
La convention franco-australienne de 2006 attribue le droit d'imposition selon la nature des revenus. Les revenus de source française restent généralement imposables en France, avec un mécanisme de crédit d'impôt australien pour éviter la double imposition.
Dividendes de sociétés françaises
Retenue à la source en France de 12,8 % (LFI 2026, art. 119 bis CGI). Non soumis aux prélèvements sociaux. Le montant net est déclaré en Australie et la retenue française génère un crédit d'impôt imputable sur l'impôt australien (art. 23 de la convention).
Intérêts de source française
Exonérés d'impôt en France pour les non-résidents (art. 125 A III du CGI) si détenus par un résident australien. Déclarés et imposés en Australie selon le barème de résidence.
Revenus fonciers (loyers en France)
Imposables en France au taux minimum de 20 % jusqu'à 29 579 € de revenus nets fonciers, puis 30 % au-delà (art. 197 A du CGI). Prélèvements sociaux de 17,2 % s'ajoutent (hors UE/EEE). Déclarés également en Australie avec crédit d'impôt pour les taxes françaises payées.
Plus-values immobilières françaises
Imposées en France selon le régime des non-résidents : 19 % d'IR + 17,2 % de PS = 36,2 % (hors abattements pour durée de détention). Un représentant fiscal accrédité est obligatoire si la plus-value dépasse 150 000 €.
Revenus d'une assurance-vie française
Rachat partiel ou total soumis au prélèvement forfaitaire libératoire de 12,8 % (contrat de moins de 8 ans) ou 7,5 % (plus de 8 ans et abattement épuisé), sans PS (non-résidents hors EEE).
Organisation patrimoniale depuis l'Australie
L'Australie est un pays hors UE/EEE, ce qui a des conséquences directes sur la fiscalité des actifs français. Les placements et l'organisation patrimoniale méritent d'être revus avant le départ et pendant le séjour.
Assurance-vie française : maintenable pendant l'expatriation en Australie selon les assureurs (vérifier les conditions d'acceptation). Les rachats sont imposés à la source en France sans PS (hors UE/EEE). L'assurance-vie luxembourgeoise est généralement plus accessible aux non-résidents et offre une architecture ouverte compatible avec des actifs internationaux.
Bien immobilier en France : les loyers sont imposés en France (20 % minimum + 17,2 % de PS) et redéclarés en Australie avec crédit d'impôt. La question de conserver ou vendre avant le départ mérite une analyse selon la durée de détention et les abattements applicables.
Exit tax : si vous détenez un portefeuille de titres d'une valeur supérieure à 800 000 € ou plus de 50 % dans une société française, l'exit tax (art. 167 bis du CGI) s'applique au départ. L'Australie étant hors UE/EEE, aucun sursis automatique — des garanties peuvent être requises.
Succession : l'Australie ne prélève pas de droits de succession. La France impose les biens français et les biens étrangers transmis à des bénéficiaires résidents français. Une convention successorale franco-australienne n'existe pas — la situation est régie par les droits internes.
Questions fréquentes
Un Français en Australie est-il encore imposable en France ?
Non, à condition d'avoir rompu sa résidence fiscale française. Dès lors, seuls les revenus de source française (loyers, dividendes de sociétés françaises, plus-values immobilières) restent imposables en France, selon les règles applicables aux non-résidents et la convention du 20 juin 2006.
Qu'est-ce que la superannuation et que devient-elle au départ ?
La superannuation est le système de retraite obligatoire australien. L'employeur verse 12 % du salaire brut sur un fonds dédié. À la fin du visa, il est possible de récupérer ces sommes via le DASP (Departing Australia Superannuation Payment), mais elles sont taxées à 65 % au moment du retrait pour les titulaires d'un WHV ou visa temporaire.
Quel est le taux d'imposition en Australie pour un résident fiscal ?
Le barème australien 2025-26 pour les résidents prévoit une exonération jusqu'à 18 200 AUD, puis des tranches de 19 % à 45 %. Les non-résidents fiscaux sont imposés à partir du premier dollar, sans seuil d'exonération, avec un taux minimum de 32,5 % jusqu'à 135 000 AUD.
Comment les dividendes français sont-ils traités en Australie ?
Les dividendes versés par une société française à un résident australien font l'objet d'une retenue à la source en France de 12,8 % (art. 10 de la convention, LFI 2026). Ils sont également déclarés en Australie, mais la retenue française génère un crédit d'impôt imputable sur l'impôt australien, évitant la double imposition.
Le Working Holiday Visa (WHV) est-il fiscalement avantageux ?
Le régime WHM (Working Holiday Maker) impose les revenus à 15 % jusqu'à 45 000 AUD, sans seuil d'exonération. Ce taux est plus favorable que celui des non-résidents ordinaires (32,5 %), mais inférieur aux avantages d'un résident fiscal complet. La superannuation est récupérable au départ, mais taxée à 65 %.